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La phytothérapie, « naturelle », mais parfois hépatotoxique !

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La phytothérapie, « naturelle », mais parfois hépatotoxique !

Message par ismano le Lun 16 Avr - 18:08


Au moment de sa parution, la directive 2004/24/EC du Parlement européen n’était pas passée inaperçue. Certains agitaient alors le spectre de l’interdiction totale de la vente de plantes médicinales en Europe, provoquant un vent de contestation parmi les adeptes de ce type de médecine. Il ne s’agissait pourtant que de jeter les bases d’une régulation pour l’utilisation des produits de phytothérapie, et notamment de contrôler les allégations de santé sur l’emballage de ces produits.

De plus en plus de patients ont en effet recours à ces thérapies « alternatives » et l’accès à toutes sortes de ces préparations via internet en a facilité la diffusion. Plusieurs études réalisées aux Etats-Unis et en Europe font état d’une utilisation croissante des plantes au cours des dernières années, y compris pour les enfants et les femmes enceintes. L’idée selon laquelle « les plantes, c’est naturel » et que « cela ne peut pas faire de mal » est encore largement répandue. Et cela contre toute évidence, comme le rappelle encore une étude réalisée en Italie et qui fait la synthèse des données recueillies concernant précisément l’hépatotoxicité des spécialités à base de plantes les plus souvent utilisées, dans les domaines les plus courants que sont la recherche du « bien-être », les troubles gastro-intestinaux, les troubles de la ménopause et la perte de poids.

Le thé vert, par exemple, réputé pour ses multiples bienfaits et consommé partout dans le monde, est pourtant suspecté d’être à l’origine de 58 cas d’hépatotoxicité. Dans la plupart des cas, les patients prenaient des « compléments alimentaires » sous forme de comprimés ou capsules contenant de fortes doses de gallate d’épigallocatéchine, anti-oxydant majeur contenu dans le thé vert. Notons toutefois qu’aucun problème n’a été rapporté à des doses moyennes ou modérées de ce composant, telles que contenues dans les infusions.

La valériane, l’herbe de St Jean, la plante médicinale chinoise Jin Bu Huan, commercialisées pour leurs effets anti-dépresseurs ou sédatifs, sont elles aussi à l’origine de signalements de cas d’hépatite aiguës ou chroniques. Mais ce sont les produits « recommandés » pour la perte de poids qui ont sans doute la diffusion la plus grande et sont à l’origine d’observations les plus documentées. L’hydroxycut, l’Ephedra ssp. (Ma Huang), l‘acide usnique, le Teucrium chamaedrys ou Germandrée petit chêne, interdit en France depuis 1992, justifient en attention particulière, l’incidence croissante des problèmes de surpoids et d’obésité risquant d’en augmenter la consommation partout dans le monde.

Ce n’est pas toujours la plante elle-même qui est hépatotoxique, comme l’illustre une observation dont a fait récemment l’objet le Ginseng, l’un des produits les plus répandus. Le patient, atteint de leucémie chronique, était aussi traité par imatinib. Si le Ginseng n’est pas lui-même hépatotoxique, il est connu pour inhiber le CYP3A4, le principal enzyme impliqué dans le métabolisme de l’imatinib.

Mais la phyto-vigilance se heurte à de nombreux problèmes, dont le moindre n’est pas la difficulté d’identifier précisément la composition des produits commercialisés. Il y a fort à parier qu’elle doit faire face aussi à un problème de sous-déclaration, tant il est parfois difficile pour le praticien de faire le lien entre un effet secondaire et la prise par le patient de produits dont il ne se souvient pas toujours ou qu’il ne souhaite pas mentionner.

Les auteurs terminent en appelant de leurs vœux la réalisation d’essais rigoureux selon les principes de l’evidence-based medicine, seuls capables d’ôter à la médecine par les plantes son statut de thérapie à la mode mais potentiellement dangereuse, et d’arrêter ce qu’ils estiment être une « épidémie silencieuse ».


Dr Roseline Péluchon


Licata A. et coll. : Herbal hepatotoxicity: a hidden epidemic.
Intern Emerg Med., 2012 ; publication avancée en ligne le 4 avril. DOI 10.1007/s11739-012-0777-x

ismano
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